The art of living, David Lynch & Joseph Campbell

Quelques notes sur la révélation artistique à travers le docu « David Lynch: The Art Life » et un poème de Joseph Campbell.

J’ai vu et apprécié David Lynch: The art Life, documentaire étonnant qui montre le réalisateur dans son atelier de peinture et examine son enfance et la naissance de sa fibre artistique. Ce qui m’a le plus touché, c’est quand Lynch parle du rapport de sa famille à son art. Réticent, ces derniers tentent de l’en dissuader et il rappelle à quel point cela l’a affecté. Le passage le plus dur cependant, est probablement le moment ou son père vient le voir dans sa maison ou il peint et commence à toucher à une caméra. David lui montre alors son sous-sol dans lequel il fait diverses expérimentations, laissant des animaux et des fruits se décomposer. Il décrit alors le regard d’incompréhension de son père et rappelle, plus tard, cette phrase: « Je pense que tu ne devrais jamais avoir d’enfants ». Comme Lynch le souligne, ironiquement, son amie était justement enceinte à cet exact moment. Le fait est, quand on choisi cette vie, les autres ne l’acceptent et ne la comprennent que lorsqu’on a réussi. Mais le plus important, c’est cet Art Life du titre. Cette obstination dans la création, Lynch ayant d’ailleurs ce trait d’humour: « Smoking. Drinking Coffee. Painting. That’s all there is to it ». La toute fin du documentaire est assez incroyable, se concluant sur une phrase anecdotique et pourtant lourde de sens voyant Lynch se rappeler les décors d’Eraserhead et dire tout simplement: « C’était magnifique ». Un artiste qui se souvient, avec mélancolie, du moment ou il s’est vraiment révélé comme tel, s’accomplissant dans son travail pour la première fois. Quoi de plus encourageant à voir pour tous les rêveurs qui s’obstinent à mettre au monde les univers qui débordent de leur crânes.

Le film, en se focalisant sur l’enfance, somme toute heureuse de Lynch, et sur son adolescence normale, m’a rappelé cette citation du grand Joseph Campbell. Face aux réticences du milieu dans lequel on naît, face à la vie que ce milieu nous propose, il faut persister et mettre feu à ce « moi » prédestiné. J’y vois, dans ce poème, toute la « révélation de l’artiste à lui-même » comme la décrit si bien le documentaire sur Lynch.

« We must be willing to get rid of
the life we’ve planned, so as to have
the life that is waiting for us.
The old skin has to be shed
before the new one can come.
If we fix on the old, we get stuck.
When we hang onto any form,
we are in danger of putrefaction.
Hell is life drying up.
The Hoarder,
the one in us that wants to keep,
to hold on, must be killed. »

A ne pas manquer si vous appréciez le monsieur.

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