Ecran Fantastique #399

Plein de belles choses dans ce nouveau numéro de l’EF, j’y parle du sublime Mary Shelley avec sa réalisatrice ainsi que du nouveau Soderbergh avec… Soderbergh !

  • J’ai eu la chance de parler avec la toute première réalisatrice d’Arabie-Saoudite, Haifaa Al Mansour à l’occasion de la sortie de son superbe biopic de l’auteur de Frankenstein.

Extrait de l’entretien:  » – D’après vous, pourquoi l’histoire de Frankenstein est-elle parvenue à perdurer à travers le temps ?
– Je pense que ses thèmes sont encore d’actualité parce qu’ils sont basés sur des émotions universelles. C’est l’histoire de quelqu’un qui est créé puis abandonné, or c’est quelque chose que nous pouvons tous comprendre. C’est un conflit douloureux qui est similaire à une rupture amoureuse par exemple. Par ailleurs, je pense que l’Homme n’a pas changé depuis la période durant laquelle Frankenstein a été écrit. Nous sommes toujours obsédés par la vie, son fonctionnement et ses possibilités. Par exemple, le clonage est un intérêt très contemporain qui trouve ses sources dans le livre de Mary Shelley. Elle était elle-même intéressée par la vie terrestre parce qu’elle a été entourée par la mort. Elle a perdu ses enfants, sa mère est décédée durant sa naissance et sa sœur aînée s’est suicidée. Cette omniprésence de la mort l’a conduite à se demander comment nous pourrions défier notre propre finitude. »

  • J’ai aussi discuté avec Steven Soderbergh de son nouveau film, Unsane, ou Paranoia en France.

Extrait de l’entretien:  » – Paranoïa parle du traitement des maladies mentales aux États-Unis mais aussi plus précisément du sort des femmes qui en sont victimes.
– Il est intéressant de se demander la chose suivante : est-ce que ce personnage serait dans la même situation s’il avait été un homme ? Est-ce que les gens l’auraient écouté et l’auraient pris au sérieux ? Je pense que c’est un facteur important. Le fait qu’elle soit une femme facilite l’attitude déshumanisée des infirmiers. Sa voix est totalement ignorée par cette bureaucratie et je pense que son sexe en est la raison. C’est un aspect du scénario qui me plaisait beaucoup. Les gens me demandent si Paranoïa est un film d’horreur et je leur réponds toujours ceci : c’est un film d’horreur si vous êtes une femme ! (rires). Le spectateur masculin fera une expérience différente du film. Je pense que les femmes réagiront plus fortement à ce sentiment d’impuissance que ressent Sawyer. On me questionne aussi beaucoup sur le fait qu’un grand nombre de mes films tiennent des femmes pour personnages principaux. En tant que conteur d’histoires, il est toujours plus intéressant d’observer l’évolution d’une femme car tout est toujours plus difficile pour elles. Le monde est un endroit dans lequel il est plus complexe de naviguer lorsqu’on est une femme et cela donne lieu à des histoires plus intéressantes. »

2 réponses sur « Ecran Fantastique #399 »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s