« Why? » – Les poèmes de George Miller

Quelques notes sur la poésie qui surgit de nulle part dans les films de George Miller, de Mad Max à Babe 2.

***SUNDAY CALENDAR SNEAKS STORY FOR APRIL 26, 2015. DO NOT USE PRIOR TO PUBLICATION**********AUSTIN, TX – MARCH 16, 2015: George Miller stands on a rooftop plaza at the JW Marriott hotel March 16, 2015 in downtown Austin, Texas. Miller was in Austin for the screening of his 1981 film ‘Mad Max: The Road Warrior’ at the South by Southwest Film Festival, and to promote his new Mad Max film, ‘Fury Road’ (Thomas Meredith/Los Angeles Times)

C’est un aspect du cinéma de George Miller dont on parle assez peu. De l’âpreté des Mad Max à la douceur enchanteresse des Happy Feet, on vante, au mieux, l’humanisme qui parcours l’oeuvre du maître, son attachement à l’échelle des êtres, du plus grand au plus petit, et à leur place dans l’univers. A la manière d’un Malick pourtant, ou plus frontalement encore dans le récent Paterson de Jim Jarmusch, la poésie surgit souvent dans ses films de façon franche et inattendue dans des séquences qui prennent toujours la forme d’une voix off (et donc, les poèmes ne sont jamais vraiment récités par un personnage à l’écran, renforçant l’idée que c’est bel et bien Miller lui-même qui nous conte quelque chose). La façon dont il parvient à insérer ces textes ultra littéraires dans la narration est tout bonnement hallucinante. A chaque fois, il notifie sa présence de conteur, nous faisant sortir volontairement de l’intrigue pour nous insurger à prendre du recul et à réfléchir une seconde au sens de ce qui nous est montré. Ce sont des courtes pauses, des apartés qui ne semblent jamais accessoires mais qui nous tirent bel et bien en dehors du film, à chaque fois pour alimenter notre expérience de spectateur avec quelque chose de nouveau. Cet aspect du travail de George Miller est condensé dans la magnifique scène de Contact, film qu’on accorde à Robert Zemeckis mais qui, par bien des aspects, est parcouru par les interrogations de Miller:

Ellie (Jodie Foster), brillante scientifique, cherche des mots pour décrire le spectacle incroyable qui s’offre à elle. Mais dans certaines situations, seule la poésie est à même de retranscrire la beauté du monde:

contact

« No – no words. No words to describe it. Poetry! They should’ve sent a poet. So beautiful. So beautiful… I had no idea. »

Voici donc trois poèmes de George Miller. Le premier, évident, donne conclusion à Mad Max 2. Le second, moins évident, surgit vers la fin de l’incroyable Lorenzo. Et enfin, mon préféré, dans Babe 2. Enjoy.

Mad Max 2

« As for me,

I grew to manhood,

and in the fullness of time,

I became the leader…

the Chief of the Great Northern Tribe.

And the Road Warrior?

That was the last we ever saw of him.

He lives now…

only in my memories. »


Lorenzo

 » And then think, my brave boy, if they

can ever give you back your myelin…

…you’ll be able to tell your brain to tell

your toes, your fingers, your anything…

– …to do what you want them to do.

– ..what I want them to do.

And then, one day…

…I’ll hear my voice…

…and all these words I’m thinking

will get outside my head. »


Babe 2

« Something broke through the terror –

flickerings, fragments of his short life,

the random events that delivered him to this,

his moment of annihilation.

As terror gave way to exhaustion,

Babe turned to his attacker,

his eyes filled with one simple question:

Why? »

Loris Hantzis.